1 –  Maintenir la fertilité des prairies nécessite un suivi attentif et un travail adapté sur le terrain.

Près de Brioude (Haute-Loire), Christian et Nathalie Cornayre élèvent des vaches laitières. Nous avons collaboré avec eux dans le cadre de l’approche Agronomie-Fourrage, afin d’approfondir la compréhension des pratiques agronomiques et de les ajuster pour optimiser la production de fourrage et la gestion des prairies.

Leur exploitation compte 45 mères Holstein et s’étend sur 100 hectares, dont 60 % en prairies. L’herbe constitue la base de l’alimentation, complétée par une petite part de maïs pour assurer l’équilibre nutritionnel.

« 2 prairies de couleur bien différente à gauche et à droite de la route ! »

En observant deux prairies côte à côte, la différence de couleur m’a immédiatement frappé. L’analyse de profils de sol dans ce secteur a révélé des sables limoneux argileux, peu profonds (30 cm), reposant sur de la roche granitique altérée.

Nous échangeons alors avec Christian au sujet de cette différence :

  • Je demande à Christian : « Pourquoi cette différence ? »
  • Il me répond simplement : « Ben, une prairie, ça se soigne. »

1-1- Quand la prairie révèle la fertilité du sol

Deux prairies observées chez Christian Cornayre, éleveur dans le département de la Haute-Loire (43), illustrent parfaitement l’impact de la fertilisation sur la fertilité du sol.
Sur la première parcelle, une prairie bien fertilisée se distingue par un couvert végétal dense et d’un vert intense, signe d’une nutrition équilibrée et d’une activité biologique soutenue.

À l’inverse, la seconde prairie sous-fertilisée présente une herbe jaunissante et clairsemée, révélant un déficit de nutriments et une carence en éléments minéraux.
Ces observations de terrain démontrent combien la gestion de la fertilisation des prairies influence directement leur production herbagère et la durabilité des sols agricoles.

A gauche ; La prairie en bonne santé de Christian

La prairie de Christian reçoit du fumier ou du lisier à l’automne, puis, à la sortie de l’hiver, un apport d’ammonitrate (150 kg/ha).

Le sol est ensuite travaillé par scarification pour l’aérer et stimuler sa fertilité.Christian insiste : il s’agit bien d’un scarificateur, et non d’une émousseuse, qui ne réalise pas le même travail.

L’émousseuse n’est pas assez agressive pour agir efficacement sur le sol et favoriser la régénération de la prairie

A droite ; La prairie voisine à la fertilité médiocre et la présence probable de chiendent

Les herbes indésirables prennent le dessus dans la prairie (probablement le chiendent),

le constat est simple, cette prairie n’a pas eu l’attention nécessaire pour une fertilisation correcte.

Scarificateur en CUMA
Le scarificateur est plus agressif qu’une émousseuse. Elle ne fait pas le même travail.

2- Diagnostic de fertilité sur les prairies : des résultats contrastés

Il ne s’agit pas de suivre une recette, mais alimenter une prairie reste essentiel, surtout lorsqu’on enlève des coupes. Par ailleurs, sur certaines prairies, le tissu racinaire en surface peut former un feutrage qui ferme le sol. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à scarifier pour aérer le sol et maintenir sa fertilité

2-1- Application en viticulture : Amélioration de la fertilité entre deux cultures de vignes

En viticulture, certains vignerons ont bien compris l’importance de la fertilité des sols avant la plantation. En effet, améliorer la fertilité des parcelles après plantation coûte bien plus cher qu’un repos régénérateur avant de planter. Apporter des amendements organiques (fumier, compost) et restituer les couverts végétaux ou les coupes de prairie contribue à enrichir durablement la parcelle.

Dans certains cas, un semis direct de méteil (mélange de protéagineux et de céréales) permet d’augmenter la biomasse et de renforcer la fertilité du sol, bien que cette pratique ne soit pas applicable partout.

Emmanuelle Choné