Face à l’augmentation des températures, à la fréquence des épisodes de sécheresse et aux pluies parfois plus intenses, l’adaptation climatique est devenue un enjeu majeur pour les exploitations agricoles.

Lors d’une intervention organisée avec l’association Riders Agro, Agronomie Terroirs a présenté plusieurs leviers agronomiques permettant d’améliorer la résilience des systèmes de culture. Un constat ressort clairement : la couverture du sol est aujourd’hui l’un des outils pour limiter les effets du changement climatique sur les parcelles agricoles.

Pourquoi couvrir le sol ?

Un sol couvert présente de nombreux avantages :

  • meilleure protection contre l’érosion ;
  • limitation de l’évaporation de l’eau ;
  • maintien d’une température plus faible en surface ;
  • amélioration de la porosité ;
  • meilleure infiltration des pluies ;
  • développement accru de la vie biologique et du système racinaire.

À l’inverse, un sol nu ou fortement travaillé peut rapidement se fermer en surface, limitant les échanges d’air et d’eau et augmentant sa sensibilité aux épisodes climatiques extrêmes.

La structure du sol est un point capital. Elle fera l’objet d’un autre article.

Les trois façons de couvrir le sol :

1-Implanter des couverts végétaux

Les couverts implantés pendant l’interculture permettent de protéger le sol entre deux cultures principales.

Ils limitent l’érosion, améliorent la structure du sol et favorisent son activité biologique. Leur destruction doit toutefois être réalisée suffisamment tôt afin d’éviter une consommation excessive des réserves hydriques dans les secteurs les plus sensibles à la sécheresse.

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2-Conserver des résidus de culture en surface

Les résidus laissés en surface constituent une couverture naturelle efficace.

Le non-labour permet de conserver ces débris végétaux à la surface (le semis direct aussi, mais correspond à certains contextes pédo-climatiques et à certaines agriculteurs),

Créant ainsi un effet protecteur qui limite les écarts de température et favorise le fonctionnement vertical du sol.

3-Diminuer les écartements entre rangs

La culture peut également devenir un outil de protection du sol.

Pour cela, la réduction des écartements entre rangs constitue un levier particulièrement intéressant. Historiquement semés à 75 ou 80 cm, le maïs ou le soja peuvent être implantés à 40, 50 ou 60 cm selon le matériel disponible et les contraintes.

Cette stratégie permet :

  • un recouvrement plus rapide du sol ;
  • une meilleure exploitation des réserves en eau ;
  • une limitation du salissement ;
  • une baisse significative de la température du sol.
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Écartement des rangs : jusqu’à 6°C de différence observée

Les observations présentées par Agronomie Terroirs montrent qu’un sol rapidement couvert peut présenter une température nettement inférieure à celle d’un sol plus exposé.

Des mesures réalisées sur maïs près de Toulouse et sur soja dans le secteur d’Oloron-Sainte-Marie ont mis en évidence des écarts pouvant atteindre 6°C, avec des températures relevées de 30,3°C contre 36,1°C selon le niveau de couverture du sol.

Dans un contexte de réchauffement climatique, cette différence peut avoir un impact majeur sur la disponibilité en eau, le développement racinaire et les performances des cultures.

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Labour ou non-labour : des conséquences visibles sur le terrain

Les retours d’expérience présentés lors de cette journée montrent également que les parcelles labourées ont souvent subi :

  • davantage d’érosion ;
  • une surface plus fermée et plus laquée ;
  • une infiltration de l’eau plus difficile.

À l’inverse, les systèmes conservant des résidus en surface présentent généralement une meilleure porosité et un fonctionnement plus favorable à la circulation de l’eau et de l’air.

Adaptation climatique : du sol au climat, en passant par l’économie et l’humain

L’adaptation des exploitations agricoles aux évolutions climatiques ne repose pas sur une solution unique. Elle nécessite une compréhension fine du fonctionnement du sol, de l’eau et des cultures et de l’évolution climatique et économique.

L’adaptation doit se faire en s’adaptant à l’histoire de l’exploitation et des contraintes humaines et économiques.

L’objectif est clair : construire des systèmes agricoles capables de maintenir leur performance tout en renforçant leur résilience face aux aléas climatiques.

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Auteur
Emmanuelle Choné
Agro-pédologue et agroécologie

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