Lors d’une visite agronomique et agro-pédologique à la Ferme Guillot (Gers), où sont élevées 80 brebis laitières avec transformation, plusieurs observations ont été faites sur des sols argilo-calcaires, typiques du secteur.

Prairie : zone avec de la mousse

La présence de mousse dans la prairie indique une fermeture de la structure du sol : porosité réduite, manque d’air et activité biologique réduite réduite, humidité.

Objectif : Aérer le structure, favoriser l’infiltration et relancer la vie du sol.

Prairie : zone avec Graminée et légumineuse

À l’inverse, sous les graminées ou légumineuses, nous observons une meilleure aération du sol grâce à leur système racinaire et aux exsudats racinaires, une stimulation de la vie biologique et une meilleure structure, essentielles à la santé et à la productivité des prairies.

Actions pour régénérer la fertilité de cette prairie :

  • Poursuivre les efforts et améliorer le pâturage tournant dynamique,
  • Scarifier le sol (dent à 5 cm) – l’action des dents accélère l’amélioration de la structure, si c’est associé à des racines :
  • Réaliser un sur-semis d’avoine (pour envoyer du sucre dans le sol au travers les exsudats racinaires)
  • Nourrir le sol et les plantes (matière organique, fertilisation …).

Pente érosive du Gers : Semis d’avoine sur un travail grossier

Sur une deuxième parcelle, un travail grossier a été effectué avant le semis d’avoine à l’aide d’une dent Agram à 20 cm (l’agricultrice voulait limiter les lever de chicorée). Puis du semoir Simtech, semoir généralement dédié au semis direct.

Résultat : très bonne implantation, tout en évitant la herse rotative, choix pertinent compte tenu des pentes érosives de ce terrain.

Cette technique permet de :

  • limiter l’érosion,
  • préserver la structure,
  • réduire l’impact du travail du sol.

Il sera nécessaire de faire des essais comparatifs, pour savoir si il est possible de diminuer le passage des dents (à 2 fois au lieu de 3).

En tout cas, en bordure de parcelles, non travaillé, la densité de chicorée était très élevée. Comme quoi, le travail du sol a agit dessus pour laisser la culture prendre la vitesse sur la chicorée.

Ces observations illustrent l’intérêt d’aborder le Sol de manière pragmatique pour adapter les pratiques agronomiques : pâturage, travail du sol, couverture végétale, afin de régénérer la fertilité et la résilience des prairies sur les sols argilo-calcaires du Gers.