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Tournesol sur terrain séchant : faut-il revoir nos habitudes ?

Sur le terrain, nous constatons souvent la même répartition des cultures :

  • Les bonnes terres accueillent le maïs et le soja.
  • Les terres moyennes, caillouteuses ou séchantes accueillent le tournesol et d’autres cultures.

Mais si ces dernières cultures étaient moins rentables simplement parce qu’elles occupaient les mauvaises parcelles ?

Pendant longtemps, les habitudes agricoles ont limité la remise en question des assolements. Pourtant, face aux évolutions économiques et climatiques, il devient indispensable de revoir nos stratégies.

Adapter les cultures au potentiel agronomique du terroir constitue aujourd’hui un véritable levier de rentabilité

Potentiel agronomique : un sol fait bien plus de 30 cm !

Avant de choisir une culture, encore faut-il connaître le potentiel réel de ses terres !

En effet, la profondeur du sol, sa réserve en eau, la nature en profondeur, sa structure, influencent directement le développement des cultures.

Ainsi, deux parcelles qui semblent similaires en surface peuvent présenter des potentiels très différents.

Comprendre son sol en profondeur permet donc de mieux positionner les cultures et d’améliorer la rentabilité de l’exploitation.

Tournesol en sec : une rentabilité limitée sur les terres séchantes

Le tournesol supporte certaines périodes de sécheresse. Cependant, cela ne signifie pas qu’il valorise correctement les terres les plus séchantes.

Sur un sol caillouteux, peu profond et disposant de faibles réserves hydriques, le tournesol non irrigué peut rapidement manquer d’eau.

-> Son rendement et sa rentabilité deviennent incertains.

À l’inverse, sur une terre profonde, avec une bonne levée et une maîtrise des ravageurs, le tournesol peut devenir une culture rentable.

Notre observation de terrain en 2026 illustre cette problématique.

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Irrigation : raisonner l’assolement pour améliorer la rentabilité

Dans certaines situations, un tournesol sur terre profonde et irriguée peut même être plus rentable qu’un maïs !

Le tournesol peut également jouer un rôle stratégique dans la gestion globale de l’irrigation.

Par exemple, une stratégie peut prévoir 3 tours d’eau sur le tournesol, soit 90 mm ou 900 m³/ha.

Ainsi, l’exploitation conserve davantage d’eau pour les cultures plus gourmandes, notamment le maïs et le soja.

Aujourd’hui, les conditions climatiques nécessitent souvent plus de 1 600 m³/ha d’irrigation pour le maïs ou le soja dans les situations que nous rencontrons.

Par conséquent, adapter l’assolement pour consacrer, avec du Tournesol nécessitant moins d’eau, et d’autres parcelles avec du maïs et du soja nécessitant 2 000 à 2 200 m³/ha peut améliorer les performances et les marges de l’exploitation.

Ces volumes restent naturellement à adapter au climat, au sol et aux besoins des cultures.

L’objectif n’est donc pas de réduire l’eau partout, mais de mieux la répartir pour la valoriser !

Santé du sol : cinq fondamentaux pour mieux valoriser l’eau

Une bonne stratégie culturale repose également sur un sol fonctionnel.

Pour favoriser l’enracinement, améliorer la disponibilité de l’eau et répondre aux besoins des plantes, cinq fondamentaux méritent notre attention :

1- La couverture du sol : protéger sa surface et limiter les effets des fortes températures. Sans parler de couvert permanent, le sol peut être protégé : 1) par les résidus de culture laissés en surface grâce au non-labour, 2) par le végétal lui-même si l’écartement des rangs est diminué.

2- La structure du sol : favoriser l’infiltration de l’eau et de l’air ! et le développement racinaire.

3- Le pH et l’équilibre calcium-magnésium : corriger les déséquilibres lorsque cela s’avère nécessaire.

4- La matière organique : nourrir le sol grâce aux résidus de culture et aux apports organiques.

5- L’équilibre minéral : adapter la nutrition aux besoins des cultures.

Rentabilité agricole : placer la bonne culture sur le bon terroir

Finalement, la rentabilité ne dépend pas uniquement du choix de la culture, mais aussi de son positionnement sur les parcelles et de la gestion des ressources disponibles.

Plutôt que de réserver systématiquement le tournesol aux mauvaises terres, raisonnons nos rotations selon le potentiel agronomique, les disponibilités en eau et les marges agro-économiques.

Chez Agronomie Terroirs, nous accompagnons les agriculteurs dans cette réflexion pour construire des stratégies adaptées à leurs sols et aux évolutions climatiques.

Notre objectif : mieux valoriser chaque terroir, chaque mm d’eau et chaque hectare pour améliorer la rentabilité globale de l’exploitation.

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Auteur
Emmanuelle Choné
Agro-pédologue et agroécologie

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